NEVER ALONE - Koen Vanmechelen ouvre une nouvelle saison de LABIOMISTA autour de la connexion collective.

Never Alone

Après le festival "Wild Gene" (Gène sauvage) organisé l’été dernier à Labiomista et qui explorait l'indomptable part d'humanité, l'accent y est mis cette fois sur ce qui nous unit. Koen Vanmechelen estime en effet que rien n'existe isolément. "Nous voulons créer un espace de rencontre, de respect et de vulnérabilité entre les espèces, les êtres humains et les idées", explique-t-il. "Nous prenons également de plus en plus conscience de la nécessité de vivre en harmonie avec la nature et du fait que nous ne sommes pas les seuls maîtres de notre destin."

Le bourgmestre Wim Dries perçoit lui aussi un lien évident avec la ville. "Genk est fondée sur la diversité. Ici, les gens ne vivent pas côte à côte, mais ensemble. Il faut recréer ce sentiment de connexion chaque jour", explique Wim Dries.

Le site artistique et laboratoire Labiomista que Vanmechelen a ouvert il y a quelques années à Genk, sur le terrain minier de l’ancien zoo Zwartberg, est "une œuvre d’art évolutive" sur le mélange de la vie - 24 hectares de science, de nature et d'art (des sculptures notamment). On y trouve l'atelier de l'artiste, mais aussi de nombreux animaux qui sont installés dans les jardins.

Nouvelles oeuvres dans le parc

"Briser la cage" est l’un des éléments forts de cette saison : un nouveau parcours d'écoute et de découverte sur le site. Les visiteurs sont guidés d’une installation à l’autre par le son, la musique et la poésie. Le parcours se prolonge par un spectacle sonore poétique à "La cage" (De Kooi), une installation composée de neuf nouvelles sculptures.

Ce projet est une création conjointe du peintre et sculpteur Koen Vanmechelen avec des poèmes et du chant de l’artiste bruxelloise Lisette Ma Neza, et a été réalisé notamment en collaboration avec des jeunes de la région et le secteur éducatif. L'œuvre veut encourager la réflexion sur les frontières et la manière de les dépasser.

"Nous avons créé un nouveau parcours philosophique", explique Vanmechelen. "Il s'inspire d'œuvres que j'ai réalisées quand j’avais 17 ans. Par exemple, j'ai écrit à l’époque le livret "De kooi" avec Gregie De Maeyer, pour lequel nous avons parcouru le Benelux à la rencontre de jeunes afin de les aider, littéralement, à s'affranchir de leurs carcans."

"Aujourd'hui, nous avons créé un parcours avec le même objectif : amener les jeunes à réfléchir à la manière dont ils peuvent s'émanciper et réaliser leurs aspirations dans la vie", indiquait l’artiste limbourgeois.

Une sculpture autour de deux nids de cigognes

Le site artistique et laboratoire Labiomista s'intéresse également à la nature et la science. Dans le cadre d'un nouveau projet de réensauvagement - visant à restaurer les écosystèmes dégradés et réduire l’intervention humaine -, de jeunes cigognes noires et blanches grandissent dans un environnement protégé avant de retourner à la vie sauvage. Le parc souhaite ainsi démontrer l'interdépendance des écosystèmes et des continents.

"Nous avons lancé un programme d'élevage de cigognes noires à la demande du Parc national de la Haute Campine", explique Koen Vanmechelen. "Mais entretemps, des cigognes blanches ont également élu domicile ici. Nous sommes devenus un véritable hôtel à cigognes. Les nids se trouvent dans notre "Paradis protégé", un centre d'élevage adjacent au Parc national. Labiomista établit ainsi la transition entre la ville et la jungle, c’est-à-dire le Parc National".

"Ce que les visiteurs voient n'est qu'une étape intermédiaire", poursuit Vanmechelen. "Dès que les cigognes sont prêtes, elles repartent dans le monde." Une nouvelle sculpture illustre ce phénomène : un tronc d'arbre robuste, enraciné dans le sol, se ramifie en deux nids de cigognes portant l'inscription "Never Alone" en lettres néon.

Il existe également un lien évident entre les cigognes et la philosophie de Labiomista. "Deux phrases surmontent notre entrée : "Nous sommes venus de loin pour être ici" et "Le global n'existe que grâce à la générosité du local". Les cigognes sont celles qui migrent à l'autre bout du monde pour hiverner et reviennent fidèlement, année après année. C'est magnifique."

Des projets internationaux

Le parc culturel de Genk s'ouvre également au-delà de ses frontières. En 2026, Labiomista  servira de tremplin à des projets internationaux, comme avant tout l'exposition personnelle de Koen Vanmechelen à la Biennale de Venise. "Elle se déroulera sous le slogan "Nous pensions être seuls", qui fait également écho à "Jamais seuls"", explique l’artiste flamand. "Ainsi, nous opérons une transition du local au global. Labiomista dialogue avec le monde et vice versa."

Ce ne sera d’ailleurs pas la première fois que Vanmechelen est invité à la Biennale de Venise. Deux œuvres de l’artiste limbourgeois resteront au moins encore cette année dans la ville italienne où elles ont participé en 2024 à l’exposition internationale d’art contemporain. L’installation multimédia "Noah’s Ark" (L’arche de Noé) a été placée en février 2025 dans le grand hall de l’aéroport Marco Polo, tandis la sculpture "Looking for the Ark" (A la recherche de l’arche) demeurera dans les Giardini - un parc de la ville historique - où elle était exposée pendant la Biennale.

OPEN STUDIO

Le coup d'envoi de la 8e saison à Labiomista, ce samedi 4 avril, sera donné par une exceptionnelle "Portes ouvertes de l'atelier", dont le nombre de places est limité. Les visiteurs auront alors l'occasion de découvrir l'atelier de Koen Vanmechelen.

"Nous organisons pareil événement seulement deux fois par an, en début et en fin de saison", précise le maître des lieux. "C'est un peu comme plonger dans mon univers créatif." La saison prendra fin le 8 novembre.